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La Cité éducative fait son cinéma... au CINEY !
On parle souvent des écrans comme s’ils se ressemblaient tous. Pourtant, au cinéma, on ne fait pas défiler les images : on leur accorde du temps. On entre dans un récit, on partage des émotions avec toute une salle et, lorsque la lumière se rallume, on peut prolonger l’expérience par la discussion.
C'est cette force du cinéma que la Cité éducative de Paris 18e a choisi de mobiliser en lançant un parcours de trois films pour les 9-12 ans, intégré à notre programme « T’es pas né pour scroller » sur les usages des smartphones. Un parcours qui parlera bien sûr des écrans mais notre objectif n’est pas ici de délivrer une leçon aux jeunes. Il s’agit plutôt d’inviter les enfants et les adolescent·es à prendre du recul sur leurs usages et à mettre des mots sur leur propre manière de vivre les images.
Le dispositif sera proposé à des classes et à des groupes de centres de loisirs, qui suivront l’ensemble de la programmation pour construire leur réflexion au fil des séances. La sélection réunit une comédie, un documentaire et un film d’animation : trois œuvres complémentaires qui invitent successivement à comprendre comment les images se fabriquent, à interroger la place des écrans dans nos vies, puis à imaginer les conséquences très réelles d’un monde devenu entièrement dépendant du numérique.
Trois films, trois regards
Dans Soyez sympas, rembobinez, Michel Gondry raconte l’histoire désopilante de deux amis qui, après avoir accidentellement effacé toutes les VHS d’un vidéoclub, décident de recréer eux-mêmes les films disparus avec les moyens du bord. Une comédie joyeuse qui montre comment les images circulent d’un support à l’autre, mais surtout comment de simples spectateurs peuvent devenir auteurs, acteurs et réalisateurs. Peu à peu, tout un quartier se rassemble autour d’une œuvre commune : un bel hommage à un cinéma artisanal, populaire et profondément collectif.
Avec le documentaire Et si on levait les yeux ? Une classe face aux écrans, Gilles Vernet suit pendant une année ses élèves de CM2. Ensemble, ils interrogent la place prise par les écrans dans leur quotidien, échangent avec leurs parents et des spécialistes, puis vivent dix jours de déconnexion en pleine nature. Le film donne pleinement la parole aux enfants et rappelle que lever les yeux, c’est aussi retrouver de l’attention pour les autres, pour le monde qui nous entoure et pour ce qui se vit loin des écrans.
Changement d’univers avec Summer Wars, film d’animation japonais réalisé par Mamoru Hosoda. Dans le monde virtuel d’OZ, qui organise une grande partie de la vie quotidienne, une intelligence artificielle pirate les identités et provoque des catastrophes bien réelles. Face au chaos, un jeune lycéen et une grande famille japonaise héritière d’une ancienne lignée de samouraïs vont devoir unir leurs forces. Spectaculaire et foisonnant, le film explore les liens entre réel et virtuel, la fragilité de nos sociétés hyperconnectées et la puissance des solidarités humaines.
Cette programmation prolonge la démarche de « T’es pas né pour scroller », qui invite à prendre du recul sur la place du smartphone dans nos vies. Les trois films abordent des sujets directement liés au thème de l'affiche : rapport aux images, attention, surexposition aux écrans, réseaux sociaux. Ils interrogent aussi la frontière entre réel et virtuel et la place des relations humaines.
Le parcours en pratique
D’octobre à février, le dispositif proposera 18 projections : 12 en temps scolaire et 6 à destination des centres de loisirs, notamment pendant les vacances. Chaque groupe d’enfants, du CM1 à la 5e, suivra un cycle complet de trois films. Environ 375 enfants et adolescents devraient ainsi profiter de ce parcours.
Chaque séance sera introduite par Suzanne Lacotte, médiatrice cinéma expérimentée, qui accompagnera la projection et animera ensuite un temps d’échange de 30 minutes. Les enfants pourront ainsi exprimer leurs ressentis et faire le lien avec leurs propres expériences.
Un nouveau partenaire culturel dans le 18e
Nous sommes particulièrement heureux de construire ce projet avec le CINEY, nouveau lieu culturel et social installé boulevard Ney, à la porte de Clignancourt. Un lieu où l'on peut aussi bien voir un film que faire ses courses à l'épicerie solidaire ou pousser la porte de la Mission Locale : au CINEY comme à la Cité éducative, tout est affaire de liens - entre les publics, les usages, les générations.
Et nous remercions tout particulièrement Flore Gay-Heuzey, médiatrice du lieu, qui accompagne la préparation du parcours et suit le projet à nos côtés.

